Le Centre de perfectionnement aux actions post-conflictuelles de déminage et de dépollution (CPADD) d’Ouidah a refermé, ce vendredi, la phase pratique du programme de formation à la gestion et au contrôle des armes légères et de petit calibre (ALPC). Vingt-deux boursiers issus de 16 pays africains ont reçu leur attestation au terme d’une semaine entièrement consacrée au renforcement des capacités opérationnelles : marquage des armes, traçabilité, enregistrement et sécurisation des stocks nationaux.
Lancée le lundi 17 août au CPADD après deux semaines de formation théorique au Togo, cette étape béninoise a réuni militaires, policiers, diplomates et agents de l’administration publique, dans le cadre de la deuxième édition africaine du programme piloté par le Bureau des affaires de désarmement des Nations unies (UNODA) et mis en œuvre par le Centre régional des Nations unies pour la paix et le désarmement (UNREC), basé à Lomé.
Venu spécialement de Cotonou pour représenter le directeur du CPADD, le commandant Jean Eudes Bujadoux a salué une session exemplaire : « Je me réjouis réellement de la réussite de cette formation, mais particulièrement de cette troisième semaine ici au CPADD. […] Cent pour cent de réussite, et a priori bien au-dessus de la moyenne. Félicitations à vous tous pour ce travail fourni. »
Un satisfecit partagé par Anselme Yabouri, directeur de l’UNREC, qui dresse un bilan comparatif encourageant de cette deuxième édition : « C’est un bilan très positif. La cohorte de cette année est même plus solide que celle de l’année dernière : ils ont assimilé plus rapidement les connaissances théoriques, ils se sont mieux comportés lors des séances pratiques, et ils ont présenté des projets individuels plus pertinents, qu’ils emportent avec eux pour les mettre en œuvre dans leurs pays respectifs. »
M. Yabouri a également tenu à saluer l’accueil des autorités béninoises et togolaises, remerciant les deux pays pour « une excellente collaboration » ayant permis aux 22 stagiaires de bénéficier d’un encadrement de qualité tout au long du parcours.
Une plus grande motivation » pour les stagiaires
Au nom de l’ensemble des boursiers, Rachida Lawal, porte-parole des récipiendaires, a exprimé la gratitude des participants envers l’UNREC, ses experts et ses coachs, tout en insistant sur la portée collective de la formation : « Nous repartons aujourd’hui avec de nouvelles connaissances, de nouvelles compétences, de nouvelles idées, et surtout une plus grande motivation pour mettre en pratique l’enseignement reçu. Vive la coopération, vive le partage des connaissances, et continuons ensemble à œuvrer pour un avenir plus sûr. »
Bâtir une communauté africaine de praticiens
Selon Dr Adedeji Ebo, directeur de l’UNODA et haut représentant adjoint pour les affaires de désarmement, l’enjeu dépasse la seule technique : « La prolifération des armes légères n’est pas une menace abstraite. Elle se traduit par des écoles qui ferment, des familles qui fuient. Pour l’UNODA, nous devons agir vite et ensemble. » Il voit dans la diversité des profils formés militaires, policiers, diplomates, civils un levier pour « bâtir une communauté de praticiens » à l’échelle du continent.
Un constat partagé sur le terrain par Ousmane Niang, représentant de la coordinatrice du système des Nations unies au Bénin, pour qui cette initiative traduit une conviction partagée par les États africains : « Face aux défis sécuritaires sur notre continent, notre force reste notre coordination. »
Certains boursiers de la première édition occupent aujourd’hui des postes à responsabilité dans l’appareil sécuritaire, la diplomatie ou l’administration civile de leurs pays respectifs, et continuent d’être accompagnés par l’UNREC, notamment à travers un mécanisme de suivi et, pour certains, un appui au financement de leurs projets. Les stagiaires de cette deuxième cohorte rentrent désormais chez eux avec la même feuille de route : transformer les connaissances acquises en actions concrètes contre la circulation illicite des armes légères.