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Lancement de la Black History Week 2026

L’Institut Afrique Décide donne le top de six jours de réflexion et de commémoration de l’histoire des peuples noirs

La Maison de la Culture de Ouidah a vibré aux rythmes du lancement de la première édition de la « Black History Week » organisée par l’Institut Afrique Décide de Ouidah. Placée sous le thème « Retour des Hommes, Retour des Biens : l’Afrique à la croisée des mémoires de la traite négrière transatlantique et de la colonisation », les différentes allocutions qui ont été prononcées lors de cette cérémonie ont permis de dresser un état des lieux des enjeux mémoriels actuels. Dr Sylvestre EDJEKPOTO, Directeur scientifique de l’Institut Afrique Décide dans son mot de bienvenue a inscrit la semaine dans une perspective de continuité académique. Il a rappelé qu’elle intervient trente-deux ans après le colloque historique sur la « Route des esclaves » qui s’était tenu à Ouidah. Selon lui, les échanges scientifiques doivent désormais se focaliser sur la double dynamique du retour : celui des hommes et celui des biens. C’est pourquoi Il a formulé des vœux que cette rencontre soit le point de départ d’une nouvelle ère où l’histoire de l’Afrique est analysée comme un carrefour de civilisations et non plus seulement comme un récit de déportation. Son intervention a été suivie de celle de Dada DAAGBO Hounon Hounan II, en sa qualité d’autorité traditionnelle qui a ouvert la série des allocutions par une invocation solennelle des mânes des ancêtres. Il a tenu à saluer la « témérité » de l’Institut Afrique Décide pour sa constance dans l’organisation d’initiatives mémorielles tout en rappelant les fondements cultuels qui lient les communautés à leurs frères de la diaspora à travers tous les rituels de retours qui se faisaient lors des déportations des captifs, il a surtout souligné : « Il est impératif de saluer les initiatives du Gouvernement qui se sont matérialisées par le retour des biens culturels et la volonté de faciliter l’accès à la nationalité aux communautés diasporiques. C’est une réponse concrète à une volonté historique de toujours voir revenir nos frères sur la terre de leurs aïeux. » a laissé entendre Dada Daagbo Hounon Hounan II.

La Black History Week 2026 à Ouidah n’aurait pas été une réalité sans l’appui de l’Ambassade de France au Bénin qui a fortement accompagné l’Institut Afrique Décide dans sa volonté de réunir chercheurs, étudiants et spécialistes du patrimoine autour du retour des biens culturels et des afrodescendants. Monsieur Lionel BRIAND, représentant de l’Ambassadrice de France, a axé son propos sur l’évolution des relations franco-béninoises au sujet du retour des biens culturels et de la diaspora : « La France s’est résolument engagée à favoriser le retour des biens. La récente approbation par le SENAT de la loi sur l’inaliénabilité des biens culturels témoigne de cette volonté de construire une relation nouvelle basée sur la restitution du patrimoine.» Au nom de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), le Dr Dorothée DOGNON de l’INMAAC a réaffirmé que le monde universitaire ne saurait rester en marge de ces questions. À travers l’Institut National des Métiers d’Art, d’Archéologie et de la Culture (INMAAC), l’université s’engage pleinement sur les problématiques de préservation et de valorisation du patrimoine, garantissant ainsi que la mémoire soit traitée avec la rigueur scientifique nécessaire. Et pour lancer officiellement ces six jours d’activités qui se déroulent entre Ouidah, Abomey-Calavi et Porto-Novo, qui mieux que le Directeur du Patrimoine du Ministère de la Culture? Monsieur Djimmy Djiffa EDAH a au nom du Ministre du Tourisme de la Culture et des Arts empêché exprimé la reconnaissance de l’État béninois envers cette initiative de l’Institut Afrique Décide. Il a rappelé que le Gouvernement a fait de Ouidah un pôle mémoriel majeur à travers des projets structurants tels que le Musée International de la Mémoire et de l’Esclavage (MIME), la requalification de la Route des captifs et le Bateau du départ. Il s’est donc réjouit que la ville accueille cette pléthore de scientifiques pour questionner l’histoire et poser les bases d’un retour des communautés diasporiques. «L’histoire des afrodescendants, même fragmentée, mérite d’être racontée. Et elle doit l’être par les Africains et les diasporas eux-mêmes. Ouidah est le territoire où cette Black History Week prend tout son sens.» a-t-il reconnu avant de procéder au lancement officiel de la semaine.

Une annonce officielle du démarrage des activités d’une chaire UNESCO consacrée au retour des biens culturels par le Professeur Didier HOUENOUDE et une déclaration inaugurale du Professeur Pierre KIPRE sont venues mettre un terme à cette cérémonie de la Black History Week 2026 organisée par l’Institut Afrique Décide. Cet acte fort simple marque le début d’une semaine de débats intenses sur les héritages de la traite, les défis de la restitution des biens culturels et le retour des diasporas. Les participants se sont aussitôt repliés sur l’auditorium de l’Institut Afrique Décide entièrement rénovée pour suivre les panels du Jour1. Les travaux de la Black History Week 2026 ainsi lancés prendront fin le jeudi 12 Février 2026.

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